Agréabilité à l'application, ingrédient essentiel du soin de la peau

La PERSpective du docteur Anny Cohen-Letessier

Longtemps, l’agréabilité du soin a été jugée superflue, voire contraire à son efficacité. L’idée était tenace : les vertus du soin ne pouvaient en aucun cas être liées à son parfum ou à sa texture, ces caractéristiques relevant du marketing, sans efficacité prouvée.

Aujourd’hui, de nombreuses études démentent cette croyance. L’agréabilité et la sensorialité du cosmétique ne sont pas accessoires, bien au contraire : elles jouent un rôle actif dans les résultats observés.

Agréabilité, persévérance et résultats

Si le plaisir ressenti lors de l’application d’un produit cosmétique a longtemps pu sembler placébo, l’analyse neuro-sensorielle démontre aujourd’hui l’action directe d’un soin cosmétique agréable sur le  le déclenchement physiologique des hormones du plaisir comme la sérotonine et les endorphines.
Loin d’être futile, cette dimension de plaisir est même capitale. En effet, comme le souligne le Dr Anny Cohen-Letessier, l’agréabilité du cosmétique joue directement sur l’observance (soit sur le suivi jusqu’au bout du traitement) :

“La persévérance est la clef du résultat : il faut deux à trois mois d’utilisation pour déterminer l’efficacité d’une produit de soins cosmétique. Pour que l’application soit régulière, il faut garantir aux utilisateurs un certain confort dans leur traitement, que ce soit en dermatologie ou en usage cosmétique. La notion de plaisir dans le soin est donc extrêmement importante.”

À ce plaisir encourageant la régularité du soin s’ajoute la réaction physiologique du corps : l’application d’un soin agréable détend, produisant un effet organique de détente visible.

“Un visage stressé est un visage vieilli. Or, un cosmétique agréable à porter nous procure le même effet qu’un vêtement confortable : l’on est bien dans sa peau et nos traits se détendent. C’est l'effet recherché pour paraître plus jeune !”.

Selon l’Evidence-Based Medicine, les effets physiologiques induits par l’hédonisme de la prise en charge cosmétique et technique (soit les massages lors de l’application) devraient être pris en compte dans la mesure de l’efficacité d’un cosmétique. Enfin, et selon la formule look good, feel better, la perception de l’apparence a un impact psychologique et social important qui va produire des effets physiologiques.

Par quoi passe l’agréabilité cosmétique ?

Parmi “les huit commandements” identifiés par  le Dr Anny Cohen-Letessier comme base de la cosmétologie, on relève l’importance qu’un soin cosmétique ait “une bonne acceptabilité cosmétique et un bon index neuro-sensoriel”. 
Plusieurs paramètres jouant sur cet index neuro-sensoriel sont à prendre en compte pour concevoir le soin :  sa texture, son parfum, sa viscosité ou encore, son pouvoir d’étalement et sa mécanique (par exemple, la manière dont on le masse pour l’appliquer).

Qu’en est-il du risque allergisant ?

Auparavant, les fragrances naturelles utilisées pour parfumer les cosmétiques pouvaient causer des risques d’allergie. Les soins en étaient donc dépourvus. Aujourd’hui, grâce aux molécules de synthèse, il est possible d’apporter du plaisir olfactif au cosmétique sans être allergisant (il reste toutefois recommandé de faire attention aux allergies chez les enfants et les femmes enceintes). 


Sources : Thérapeutiques en Dermato-Vénérologie # 231_Mars 2014_Cahier 2_Dermatologie Esthétique
https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S0151963808700851